Renaître pour mourir.
Une porte claque sourdement dans le crépuscule de la ville .
Elle regarde la rue, prend une inspiration : c'est ce soir, tout doit se dérouler comme prévu.
Elle marche fixant le trottoir, un enfant pleure au loin. Un autoradio trop fort dans une voiture. Les reverbères renvoient une lumière verdâtre sur le monde qui l'entoure, les gens rentrent chez eux. Parfois elle prend le temps de les observer, fermés dans leur vie sans réel but .
Soudain, derrière elle, des pas pressés qui résonnent sur le trottoir. Elle accélère : pourvu que ça ne soit rien ! Elle entend les pas se rapprocher, certainement un homme, elle n'ose se retourner. Lui, à présent, semble presque courir : ne pas s'inquiéter, rester calme, ils n'ont pas pu être prévenus ! Elle tourne furtivement sous un porche tentant de se dissimuler, tant bien que mal, dans la pénombre. Il passe . C'est un homme d'affaire collé à son téléphone, elle pousse un soupir et se hâte de reprendre son chemin.
Une bise vient de se lever, elle remonte son col. La rue est casiment déserte, les dernières personnes se pressent dans le brouillard descendant, il déjà tard. La nuit a un parfum d'hiver. Elle apperçoit parfois des ombres se faufiler dans les ruelles sous jacentes : non tu deviens paranoïaque, ce soir, rien ne t'arrivera . Enfin elle arrive à un petit square, deux bancs et trois arbres, en face d'une église. A l'horloge de celle-ci : 19:51. Tous de passe comme prévu. Elle s'assoit, elle attend.
Elle a froid et pourtant cette froideur ne semble pas rélle, son regard s'accroche en vain aux choses comme dans ces rêves où l'on cherche trop à comprendre des non-sens . La brume l'envellope doucement tel un édredon blanc. 19:55, seul le vent trouble le silence, une sihlouette émerge de la pénombre, inquiétante, imposante. L'homme s'assoit sur le banc à côté . Elle, maintenant, est transie de froid, un froid de mort : c'est ce soir, j'y suis, je ne retournerais pas en arrière.
Ils ne se parlent pas, elle sent présence, perçoit sa respiration lente et sereine . Il est des conversations qui ne nécessitent de mots. 19:58, l'homme se lève en silence, réajuste son long manteau et repart comme il était survenu. Elle tourne enfin la tête en direction du banc, sur celui-ci : une petite boîte. Lentement elle se lève, ses mains saisissent l'écrin, elle l'ouvre : une petite pillule rouge :voici ta clef de sortie, tout ira mieux maintenant. Quelque part, quelqu'un court, se rapproche, un frisson la traverse : Qu'est-ce ? Non c'est impossible, le plan est infaillible ! Elle regarde vivement l'horloqe: 19:59.
Elle avale la pillule : faite que tout marche bien ... Derrière elle, les pas ont cessé et, à présent une ombre arme un revolver.
20:00, les cloches résonnent au loin, un coup de feu quelque part, un choc, elle se sent partir, tel un envol. Le noir sombre et infini. Et soudain ses yeux lui piquent comme s'ils s'ouvraient pour la première fois, elle se rassure : tu as réussi ! Le bonheur ne dure que l'espace de quelques secondes car une douleur se réveille, la transperce, et elle voit son sang qui se mélange au liquide rougeâtre qui l'entoure.
Cette balle inexistante la touchée dans cette sombre réalité. La lumière diminue, elle se sent sombrer mais cette fois ci c'est différent, elle sait qu'elle n'y peut rien: le plan à échoué. Une dernière phrase sonne tel un glas dans son être et son âme, les mots de cette femme qui sentait le bonbon : "renaître comme au premier jour pour enfin mourir...".
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