Pout toi
“Pour toi” , la rose d’un blanc si pur légèrement irisée dans la lumière du matin se trouvait là, négligemment posée sur le pas de la porte. Elle aimait ce message codé si limpide à ses yeux. Délicatement, elle ramassa la fleur veillant à ce qu’aucun pétale ne se détache, elle ferma doucement la porte avec un coude et se dirigea dans la petite cuisine dorée par le soleil neuf. Elle glissa précautionneusement la rose dans un soliflore blanc et après l’avoir rempli, le posa sur le rebord de la fenêtre dans la lumière. Elle s’assit à sa petite table, en face, croisa ses bras sur le mélaminé du plateau et posa doucement sa tête sans quitter la rose des yeux. Une mèche retomba délicatement sur son visage. Elle la fixait, la scrutait, en apprenait les moindre détails, les moindre replis. Lorsqu’elle plissait les yeux, elle avait le sentiment qu’elle bougeait imperceptiblement, et petit à petit elle voyait ses yeux, sa bouche... ses cheveux retombant sur ses tempes, son nez... son sourire... La sonnerie du téléphone la tira brusquement de sa rêverie. Elle se lava, lentement, et attrapa le combiné l’air soudain devenu morose.
_Bonjour ma petite chérie, comment vas-tu, j’espère que je ne te réveille pas au moins, tu sais avec le décalage, je ne m’y suis pas encore fait, tu vas bien j’espère et tu manges convenablement au moins, ho si tu savais ce que j’ai vu l’autre jour à la télévision... c’est horrible de nos jours, les gens son vraiment infectes, et ton travail alors, tu sais pas, hier chez le coiffeur j’ai vu madame machin et elle m’a raconter... tu le croiras jamais... chérie ? Tu es là ?
Elle maintenait le combiné à une distance de sécurité, éreinté par la voix criarde de sa maternelle, trop maternelle de mère.
_Oui... je suis là maman...
_Ha, j’ai eu peur mon trésor ! Alors, tu n’as rien à me dire ?
_Mais si maman...
_Hé ben vas-y, raconte moi, comment ça se passe à Tokyo ?!
_Bien maman, très bien...
_Et ton appartement ? et tu manges assez ?
_Oui maman tout va très bien ne t’en fait pas...
_Si je m’en fais !!! Ces nippons, ils ont une vie bizarre.... et tes nerfs ? Tu sais que tu as les nerfs fragiles comme moi mon poussin !
_Ouii maman.... ne t’inquiète pas je te dis, TOUT va très bien !
_Ho on dirait que je t’embête, mais je sais très bien que ça te fait plaisir que je t’appelle, tu as quand même rencontré des gens, j’espère, d’autres expatriés peut-être ? Tu sais que Madame bidule à son fils à... rhoo comment c’est déjà, tu hein ces nippons ils pourraient donner des noms plus simple à leur ville on a pas idée hein, ils sont vraiment tout seul sur terre... c’est Osa.... Osa...
_Osaka, maman....
_Oui voilà Osaka, si tu veux je peux lui demander ses coordonnés ?
_Non, c’est bon maman je dois te laisser, je vais être en retard...
_Ho oui, suis-je bête mon poulain... tu risquerais de perdre ton emploi, tellement de savoir-vivre ces nippons, comment tu fais ?
_Au revoir maman, à bientôt...
_Au revoir mon bébé et prend bien soin de toi, et n’hésite pas à m’appeler hein n’importe quand,
_Oui maman... aurev...tuut...
Elle avait raccroché nerveusement le téléphone... ce qu’elle pouvait être chiante, même à l’autre bout du monde !
Elle passa dans la pièce à côté, sa chambre, se dirigea vers l’évier, se lava, puis s’habilla... il fallait qu’elle se dépêche maintenant. Elle claqua la porte d’entrée et rejoint l’artère de la banlieue où elle habitait. Bien vite elle disparut dans la masse.
Les jours avaient passé, et chaque matin un pétale était tombé. A présent que la fleur était complètement fanée, elle devait se résoudre à la jeter...tant pis. On sonna à la porte. Le facteur, dodu, coiffé d’une petite casquète lui tendit un paquet en lui souhaitant une agréable journée. Son expression jovial ne faisait que renforcer les plis des ses yeux qui semblaient trop petits pour son large visage.
_Arigato.
Elle referma la porte et observa, avec sorte d’excitation, le paquet. Il venait de Yokohama... Elle le retourna, tira la languette en carton et.... une pluie de paillettes argentée s’envola pour retomber sur le paillason. Elle sentit son coeur s’emballer.
_Un paquet de Yokohama... remplie de paillettes... serait-ce possible que...
Elle introduisit délicatement sa main à l’intérieur, quelque chose de dur, elle le saisit. Elle sortit une boîte en bois sombre recouverte de petit morceau de nacre,
_Comme une nuit d’hiver étoilée...
Elle ne savait plus trop où elle était, elle sentait montée en elle un bonheur auquel elle n’osait plus croire et déjà des perles salés tentaient de s’échapper de ses yeux. Elle posa sa main sus le dessus, prête à l’ouvrir et...
Le réveille sonna beaucoup trop tôt à son goût, mais malheureusement la vie active d’un employer nippon ne prévoyait pas le repos mérité tous les jours. Péniblement elle se leva, ses long cheveux lui retombant sur le visage... ses mains encore engourdies tentèrent des les discipliner mais renoncèrent rapidement préférant se laisser aller au bout de ses bras. Elle releva le store, ses yeux se posèrent sur la table de nuit, ou plutôt sur ce qui se trouvait dessus. Elle ne l’avait pas ouverte. Pourquoi ? Parce que quelque chose l’en avait retenu... c’était bête mais elle ne contrôlait pas. Elle se rapprocha, la pris délicatement dans ses mains et l’observa au la lumière de l’aube... elle était tellement magnifique... une fois de plus elle s’apreta à l’ouvrir. Dans la pièce vosine le téléphona sembla lui hurler dans les oreilles. A contre coeur, elle reposa la boîte, et se dirigea à côté, saisissant le combiné plus que morose.
_Mademoiselle...
_Oui, allo ? Je vous entends très mal.
_C’est la secrétaire de Monsieur Oshira à l’appareil, m’entendez-vous ?
_Oui, mieux maintenant.
_Il m’a demander de vous informer que la réunion avait été repousser et que vous n’aviez donc pas à venir aujourd’hui, vous devrez seulement nous transmettre par mail votre rapport concernant les tissus prévus pour la nouvelle colection.
_Très bien, je le fais tout de suite, merci beaucoup madame....
_Parfait, au plaisir mademoiselle, passer une agréable journée, au revoir.
_Merci vous...
Elle avait déjà raccroché, pas le temps de s’étendre sur les politesses lorsque l’on travaille dans une entrepirse à Tokyo.
_Une journée pour moi...
Elle s’assit à sa table, face à la petite fenêtre, elle voyait d’ici la ligne de train qui menait au centre ville de Tokyo et derrière, au loin, le quartier des affaires avec ses interminalbles bulding. Elle sourit. Elle se prendrait un douche bien chaude, mettrait ses vêtements les plus confortable et boirait le thé que lui avait offert madame Ching pour Noël...
_Oui... un bonne journée.
Il était dix heures, elle ne faisait pas attention au rumeurs de la ville, assise sur son lit, elle avait déposé la boite devant elle. C’était presqu’un rituel. Ses deux mains treblentes se posèrent sur le dessus, ses deux pouces glissèrent sur le devant, un petit clic et la boite s’ouvrait enfin sur... Elle regarda, perplexe, le contenu : un papier roulé et scellé, juste un petit papier. Elle le prit, le décacheta, il lui semblait que l’instant avait perdu de sa magie... le déroulla. Elle le lut, le re-lut et le re-lut encore, il n’était pas loin il n’y avait que trois mots : “demain à 12h00”.
Elle bondit comme une furie, en rage de ne pas l’avoir ouvert plus tôt
_Que deux heures pour se rendre à Yokohama, tout Tokyo à traverser... un jeudi ce sera bondé !!!
Elle attrapa son manteau, enfila ses bottes, le sac, elle était déjà dehors, elle serait presque frénétiquement le petit papier et se hatait en direction de la gare. Le guichet, elle brailla pour avoir un ticket, tout de suite, on la regardait choqué. Elle se precipita sur les quais, le controleur faisait signe de s’éloigner du bord, elle aggripa la poigné d’un porte, se glissa à l’interieur sous les protestation de l’agent. Il fallait faire vite, presqu’ onze heures... Le train s’ébranla et sorti de la gare, il fillait endirection du Sud. Il s’arrêta à Tokyo, elle ne pouvait rester assise, tout en faisant les cent pas dans l’allée elle ignorait les gense qui la regardé visiblement génés par cette furie. L’aiguille de sa montre tournait inexorablement, onze heures trente... midi moins le quart, un deuxième arrêt, ce n’était toujours pas le bon. Une dame fit un scandale pour avoir un siège, midi moins dix....
Elle sortit enfin à l’air, la pendule de la gare indiqué midi dix... elle se fraya un chemin jusqu’à la sortit... dix minutes de retard, il lui pardonnerait... il l’avait fait attendre si longtemps qu’elle n’y croyait plus, envoyant ponctuellement l’éternelle rose blanche...elle se dépêcha, à la sortie, c’était foule, elle scrutait les visages à la recherche du sien, de ses yeux, son nez, sa bouche.... sa bouche dont elle avait tant rêvé... une sirène d’ambluance retentit, il y avait un attroupement... elle se rendit compte que cela sentait le brûlait, elle s’avança parmis les curieux pour se retrouver sur le devant de la tragique scène. Un hômme venait d’être renversé et deux voitures s’étaient rentrée dedant... les gens murmuraient.... elle s’approcha encore, regardant ce pauvre garçon étendu, le visage froid.... son visage... le papier lui échappa des mains, elle tomba dans un monde muet, loin de tout, ses gnoux heurtèrent le sol... son visage... ses yeux...son nez... sa bouche... pourquoi n’avait-elle pas ouverte la boîte plus tôt ?..
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